Depuis la chute d’Abdelaziz Bouteflika en 2019, le peuple algérien avait ouvert une brèche historique. Le Hirak avait fait naître un espoir immense : celui d’un État enfin libéré de l’arbitraire, fondé sur la souveraineté populaire, la justice et les libertés. Pendant des mois, des millions d’Algériens ont marché pacifiquement, avec dignité, pour exiger un changement réel.

Mais cet espoir a été progressivement étouffé.

Depuis 2021, dans le sillage de la pandémie de COVID-19, une reprise en main autoritaire s’est imposée. Arrestations d’activistes, emprisonnement de journalistes, intimidations judiciaires – 87bis : la répression s’est installée dans le quotidien. Les accusations vagues, comme “atteinte à l’unité nationale” ou “diffusion de fausses informations”, sont devenues des outils politiques pour faire taire toute voix dissidente.

Le constat est sans appel : l’espace des libertés s’est considérablement réduit, presque jusqu’à disparaître.

La presse indépendante est affaiblie, marginalisée ou réduite au silence. Le débat public est verrouillé. Les élections, marquées par une abstention massive, ne convainquent plus. Elles ne reflètent ni l’adhésion populaire ni une véritable compétition démocratique. Quant aux réformes annoncées, elles n’ont pas permis de garantir une justice indépendante ni une réelle séparation des pouvoirs.

Dans le même temps, le pouvoir cherche à se reconstruire une image. La visite du Pape prévue le 13 avril 2026 apparaît, pour beaucoup, comme une tentative de légitimation sur la scène internationale. Une opération de communication qui contraste brutalement avec la réalité vécue par les Algériens.

Car pendant que le régime cherche à se donner une respectabilité, une partie de la jeunesse fuit.

Chaque semaine, des jeunes prennent la mer, sans garantie de retour. Ils traversent la mer Méditerranée avec l’espoir d’une vie meilleure. Beaucoup n’y arrivent jamais. Ils disparaissent, engloutis par les eaux, victimes d’un système qui ne leur offre ni perspective ni avenir.

Face à cette situation, le silence n’est plus une option.

La diaspora algérienne a aujourd’hui un rôle historique à jouer. Libre de s’exprimer, elle peut alerter, dénoncer et porter la voix de ceux que l’on tente de réduire au silence. Elle peut aussi se mobiliser.

C’est pourquoi nous appelons à une présence massive le 1 mai 2026 à Genève et la nécessité de poursuivre le combat pour les libertés.

Ce rassemblement est plus qu’une marche. C’est un message. Une exigence. Une promesse.

Le Hirak n’est pas mort.
Les aspirations du peuple algérien ne se négocient pas.
Elles se défendent.